C'est l'amour qui me plaît et non les sacrifices." Ce verset d'Osée s'accorde à la vision d'un Christ qui libère avec force les animaux du Temple destinés au sacrifice. Pourtant, le sacrifice de la Croix n'est-il pas central dans la religion chrétienne ? Sur la base d'une large étude anthropologique, Bernard Perret interroge le sens du mot sacrifice, porteur d'équivoques lourdes de conséquences pour la religion et la vie sociale. Considérant l'attitude de Jésus à l'égard de la pureté rituelle et de toutes les prescriptions sacralisées, il observe que la relation du Fils au Père n'est pas sacrificielle mais procède d'un libre désir d'accomplir sa volonté et de communiquer sa vie aux hommes. La réflexion s'élargit à ce qui nous touche plus directement : le don gratuit de soi est-il sacrificiel ? Quels enjeux pour la liturgie, mais aussi pour la morale ? Encore aujourd'hui, ne fait-on pas passer des exigences de pureté avant la responsabilité vis-à-vis d'autrui ?
L'auteur :
Bernard Perret est chercheur, essayiste et anthropologue des religions, ancien enseignant à l’Institut Catholique et au Centre Sèvres. Il est auteur de nombreux ouvrages portant sur la foi chrétienne, la violence, et la pensée de René Girard, croisant sciences humaines et question spirituelle. Dans ses écrits, il interroge les représentations culturelles et religieuses pour éclairer notre compréhension de la foi.
L'avis du libraire :
Dans C’est l’amour qui me plaît et non les sacrifices, Perret déconstruit les idées reçues sur le sacrifice religieux en s’appuyant sur une vaste réflexion anthropologique et biblique. Il y montre que la relation du Christ au Père dépasse la logique sacrificielle pour se comprendre comme don libre de soi, interrogeant liturgie et morale contemporaine. Un essai exigeant et stimulant qui invite à repenser centralement le sens de l’amour dans la foi chrétienne.