Comment, sur quel fondement la théologie peut-elle « parler » de Dieu ? Dans cet essai de 1928, qui constitue un dialogue à distance avec Erich Przywara, Karl Barth défend le primat de la Parole de Dieu dans la connaissance de Dieu. Rien ni la « nature », ni la « conscience », aucune « analogie » sinon celle de la foi ne donne Dieu à connaître. « La théologie est possible uniquement comme théologie du Dieu proclamé, qui s'est révélé et qui se révèle encore, du Dieu qui envoie sa Parole. La théologie ne pense savoir quelque chose de Dieu que dans la mesure où lui-même se donne à connaître à nous. L'Église est fondée sur la Parole de Dieu et l'Église sert la Parole de Dieu par sa proclamation. La théologie n'a pas seulement Dieu pour objet, mais elle ne l'a pour objet que dans la mesure où, comme Thomas d'Aquin l'a dit avec profondeur, elle l'a comme sujet : la quête et l'enseignement de sa vérité n'ont strictement aucune autre origine que ce qu'il donne à connaître de lui-même. Ainsi, chaque pas, même le plus petit, ne peut être risqué par la théologie que parce que Dieu s'est d'abord laissé trouver par nous, avant que nous ne le cherchions. »
L'auteur :
Karl Barth (1886-1968) est un pasteur réformé suisse et l'un des plus grands théologiens protestants du XXᵉ siècle. Figure majeure de la théologie dialectique, il a profondément marqué la pensée chrétienne contemporaine par son insistance sur la primauté de la révélation de Dieu en Jésus-Christ.
L'avis du libraire :
Dans cet essai, Karl Barth interroge les fondements de la réflexion théologique en confrontant les notions de destin et d'idée à la révélation divine. Il affirme que la véritable théologie ne naît ni de la spéculation humaine ni de la philosophie, mais de l'écoute de la Parole de Dieu.