Fenêtres sur l’invisible
On se souvient d’Eric Fuchs, qui nous a quittés il y a deux ans, comme d’un professeur éminent, directeur du Centre protestant d’études à Genève, et auteur de nombreux ouvrages de théologie et d’éthique. Mais le limiter à cela, c’est oublier qu’il fut de plus non seulement pasteur au sortir de ses études de théologie, mais aussi un homme de foi original et fantaisiste, grand amateur d’art et de sport !

« Fenêtres sur l’invisible, Anthologie éthique et théologique »,
Eric Fuchs, Labor et Fides, Genève, 2024, 311 p. 19 €
Ce livre, « florilège improbable » (p.10) tente de présenter par des textes très variés divers aspects de sa pensée foisonnante, de son ouverture d’esprit et de sa personnalité aux multiples facettes : liberté, imaginaire, identité chrétienne, œcuménisme, sexualité, souffrance, espérance, politique, prière,… voilà quelques exemples des thèmes choisis.

Eric Fuchs
Le dernier chapitre dont le titre reprend celui de ce livre -mais au singulier : « Fenêtre sur l’invisible » - se termine sur cette belle profession de foi : « Croire ne signifie pas croire n’importe quoi, nous l’avons dit en parlant de la valeur du doute ; c’est faire place à la surprise, à ce qui, sans être déraisonnable, n’est pas prévisible, qui échappe aux calculs de la raison ; c’est cesser de réduire la raison à son usage instrumental. C’est reconnaître que l’amour, l’art et… la foi, loin de nous tromper sur le réel ou sur nous, ouvrent au contraire une fenêtre sur l’invisible mystère qui nous entoure. » (p.304)
Anniel Hatton