L’ouvrage commence avec un titre évocateur : « Le christianisme face au drame de l’esclavage », et une date-clé : 1775, date de l’arrivée à Nantes du planteur de Saint-Domingue, Isaac Mendès France, accompagné de trois de ses esclaves. Ces derniers, réalisant qu’aucun de leurs pareils n’est réduit en servitude sur le territoire métropolitain, saisissent le procureur du roi d’une requête les concernant. Justice leur est rendue et ils sont libérés par décision royale. « Cette anecdote met en évidence la disparition de l’esclavage, en Métropole, bien avant la philosophie des Lumières et la date bien connue de 1848. » (p.10).

 

                                                           

 

Les chrétiens et l’esclavage,

Jean-Pierre Montembault, Editions Artège, Perpignan-Paris, 2024, 159 p. 15.90 € 

 

L’auteur fait un survol de l’esclavage en Occident et dans les autres civilisations, en étudiant le va-et-vient des abolitions de l’esclavage en métropole et de sa réintroduction dans les colonies européennes, et en terminant sur une courte anthologie des textes bibliques et catholiques sur le sujet.

Remarquons que, dans cet écrit très intéressant par ailleurs, l’appellation « christianisme » se réfère essentiellement au christianisme catholique romain et aux efforts souvent démesurés des religieux catholiques pour éradiquer ce fléau de l’esclavage, et que seules trois pages sont consacrées au mouvement quaker, pourtant essentiel dans ce domaine.

Pour l’auteur, « la suppression de l’esclavage a constitué indirectement l’un des principaux facteurs de la croissance économique de l’Occident. » (p.146)

 

                                                                                                          Anniel Hatton