
Les derniers instants de la vie
« Sommes-nous en train de nous humaniser- ou de devenir moins humains ? » (p.22)
C’est près de 40 ans après sa première édition qu’est republié cet ouvrage fondamental de la pionnière du domaine de l’accompagnement des malades atteints d’affections incurables et des mourants.
Les derniers instants de la vie,
Elisabeth Kübler-Ross, L
abor et Fides, Genève, 1975, 2024, 390 p. 22 €
Elisabeth Kübler-Ross détaille les 5 phases du deuil (refus, irritation, marchandage, dépression, acceptation) en les illustrant de cas concrets tirés de son expérience de médecin. Elle traite à la fois de la psychologie des malades, de leurs proches et du personnel médical qui n’est pas toujours adéquatement formé dans ce domaine. Elle insiste aussi sur la nécessité d’un accompagnement effectué en équipe, main dans la main avec les aumôniers et les familles.
Elisabeth Kübler-Ross
Il est dommage que la traduction de certains termes me semble parfois édulcorer le sens original : au lieu de refus, j’aurais préféré « déni », et « colère » m’aurait semblé plus adéquat qu’irritation.
Un aspect de ce livre qui m’avait frappée lorsque, fraîchement émoulue de la faculté de théologie, et tout juste nommée aumônier des hôpitaux, je l’avais lu pour la première fois il y a plusieurs décennies, c’est que l’auteure sait rester humble dans son discours et n’hésite pas à, à la fois partager son savoir et reconnaître ses erreurs de discernement et de parcours.
Nous avons là un travail qui n’a pas pris une ride et que tout pasteur, aumônier ou membre du corps médical devrait lire afin de mieux comprendre la psychologie de ceux et celles qui sont confrontés à l’idée de leur mort prochaine ou de celle d’un de leurs proches, perspective qu’ils appréhendent et qu’il leur faut apprivoiser petit à petit.
« Ceux qui ont le courage et l’amour nécessaires pour rester auprès d’un malade agonisant dans le silence qui va au-delà des mots, savent que ce moment n’est ni effrayant ni douloureux, mais la cessation paisible du fonctionnement du corps. Assister à la mort paisible d’un être humain nous rappelle une étoile filante ; l’une de ces millions de lumières dans le vaste ciel, étincelle pendant un instant pour disparaître dans une nuit sans fin, pour toujours. »
Anniel Hatton