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Camus face à Dieu, un homme révolté mais nostalgique de la grâce

Publié le : 2019-12-16 15:49:30

Camus face à Dieu, un homme révolté mais nostalgique de la grâce

CAMUS FACE À DIEU 

Philippe MALIDOR

Editions Excelsis, novembre 2019

192 pages

15 €

Lorsque je saisis le dernier ouvrage de Philippe MALIDOR (publié aux Éditions Excelsis), journaliste et prédicateur engagé dans l’Eglise Protestante Unie de France, je suis interpellée à la fois par son titre,  «CAMUS FACE À DIEU » ,  et par sa couverture :  la photo bien connue d’Albert Camus absorbé par la lecture d’un journal dont on voit clairement le titre «En avant !».

 «En avant ! » est un périodique d’évangélisation publié par l’Armée du Salut. Il se retrouve donc à la une, entre les mains d’un incroyant déjà célèbre, connu pour avoir forgé le concept de l’absurde.

 

Camus a poussé loin l’analyse de l’absurdité de la condition humaine, du non-sens de la vie d’hommes confrontés inéluctablement à la mort, alors qu’existe en eux une aspiration à l’éternité. Certains réagiront en se raccrochant à Dieu, d’autres  en se suicidant. Camus prône plutôt la révolte, la recherche du bonheur qu’il définit comme le simple accord entre un être et l’existence qu’il mène. 

 

Camus, connu pour  cette philosophie, semble bien éloigné de Dieu. Alors Camus face à Dieu… 

Dans son livre, Philippe MALIDOR  revisite l’œuvre de l’écrivain avec un regard chrétien.   

Il décrit Camus comme un personnage attachant (chapitre 1) qui a une haute idée de la morale (chapitre 3), un homme tiraillé entre une vie privée compliquée et une fidélité constante à toutes ses prises de position publiques. Philippe MALIDOR suggère que le fait de ne pas avoir su réaliser l’unité en lui-même empêcha peut-être Camus de se convertir. 

Les chapitres 2 et 4  plongent davantage les lecteurs au cœur des écrits d’Albert Camus, Prix Nobel de littérature en 1957.    

 

Tout commence avec le mémoire de fin d’études de Camus « Entre Plotin et Saint Augustin, métaphysique chrétienne et néoplatonisme » dans lequel Camus confronte la pensée chrétienne à la pensée grecque, en étant  bien conscient de l’originalité de la théologie biblique. 

 

Philippe MALIDOR  commente ensuite « le Mythe de Sisyphe » sur la condition de l’homme sans Dieu, y  décelant une observation de l’écartèlement de l’homme, non relié à son créateur mais en image de Dieu au plus profond de sa nature. 

L’auteur analyse ensuite plus longuement  « L’homme révolté », s’appuyant aussi sur un texte moins connu, daté de 1952, «  Défense de l’homme révolté ». Il s’interroge sur le fait que Camus, cet incroyant, y analyse la révolte de l’homme contre Dieu en des termes métaphysiques, théologiques, parfois bibliques et même spirituels.

 

Les réflexions de Philippe MALIDOR sont certes orchestrées autour du thème de son livre, mais elles constituent une clé de lecture originale de l’œuvre de Camus.

 

Camus a visiblement exploré profondément la Bible comme en témoignent ses nombreuses références et citations bibliques ainsi que sa connaissance de la foi chrétienne.

 

Le philosophe André COMTE-SPONVILLE, qui a préfacé «CAMUS FACE À DIEU », qualifie ce livre d’ «empathique, rigoureux, honnête et orienté, fidèle et libre. »    

L’ouvrage est richement documenté. Outre de courts extraits de l’œuvre d’Albert Camus, de nombreuses notes renvoient aux auteurs cités. Le tout est parfaitement intégré dans le fil de l’exposé.   

C’est donc un livre bien écrit, qui se lit assez facilement. Son public dépasse largement les lecteurs passionnés de philosophie et de littérature. 

Découvrir le rapport de Camus au christianisme, aux chrétiens et au Christ est en effet intéressant pour tout lecteur soucieux de connaître ce penseur sous un angle inhabituel. 

Brigitte EVRARD.

   

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