Quand l'Eglise n'est plus au centre du village, une réflexion d'actualité

Publié le : 2018-03-13 10:50:22
Catégories : Critiques de livres chrétiens Rss feed

Quand l'Eglise n'est plus au centre du village, une réflexion d'actualité

Dans un livre publié aux Editions Mennonites « Quand l’Eglise n’est plus au centre du village… », Stuart Murray, théologien britannique et fondateur d’Urban Expression  (organisme d’implantations d’Eglises en milieu urbain), s’interroge sur l’avenir de l’Eglise.

Quand l'Eglise n'est pas au centre du village.

Stuart Murray

Editions Mennonites, Montbéliard 2018,

88 pages -  9 €

 

 

L’Eglise est menacée en ce début de XXIème siècle. Certes, elle est toujours bien vivante car elle a su s’adapter aux évolutions et aux contextes de vie pendant plus de vingt siècles. Mais elle est désormais touchée par les bouleversements sans précédent du monde. Elle est confrontée à la réalité de la postchrétienté, cette culture qui émerge parce que la foi chrétienne perd sa force de cohésion et parce que les institutions exprimant les convictions chrétiennes perdent leur influence.

 

Le livre, de 88 pages seulement, est la mise en forme par le pasteur Michel Ummel des notes prises pendant les conférences de Stuart Murray lors des rencontres de la Pastorale mennonite romande en 2013. De ce fait, il est facile à lire et on va droit à l’essentiel !

 

Autre élément intéressant : des « questions pour la discussion »  prennent place après chaque développement propice à un débat et à une appropriation. Si on considère qu’une réflexion collective constitue un outil efficace de mobilisation des volontés et des intelligences, cette démarche permet de cheminer vers une compréhension commune de la situation et des enjeux, voire vers une adhésion plus forte aux actions qui seront mises en œuvre.  

 

Le premier chapitre pose le cadre, celui du monde occidental qui sort de la chrétienté pour entrer dans la postchrétienté.

En deux pages sont décrites sept transitions, afin que nous saisissions bien ce qui a disparu et les évolutions en cours. Cinq sont inévitables et deux constituent des défis à relever.

L’auteur aborde ensuite les différentes attitudes possibles devant ces constats et pose une question stratégique : la postchrétienté est-elle une menace ou une opportunité ?

Il nous livre alors quelques suggestions pour y répondre. Il nous invite  à mesurer les dangers de certaines options, à passer au crible l’héritage de la chrétienté et à faire preuve de créativité et de courage pour repenser l’engagement chrétien.  

 

Dans le  dernier chapitre du livre, Stuart Murray propose quatre scénarios pour une Europe du futur (et il peut y en avoir d’autres !): une Europe islamique, une Europe sécularisée, une Europe chrétienne ou une Europe post-moderne. L’auteur met l’accent sur les impacts de chaque scénario pour l’Eglise et imagine quelles réponses pourraient être envisagées par les chrétiens.

 

Puis retour aux deux chapitres centraux du livre. En effet, on peut lire les chapitres de cet ouvrage indépendamment les uns des autres, même si l’ordre choisi présente une logique indéniable.

 

L’auteur insiste notamment sur les deux transitions présentées comme des défis : l’Eglise doit retrouver sa mission et son sens du mouvement.

La compréhension de la mission de Dieu est fondamentale en postchrétienté. On y retrouve l’idée de la mission intégrale qui concerne tous les domaines de la condition humaine.  

 

Le basculement nécessaire est résumé dans cette affirmation de Stuart Murray : « L'Eglise de Dieu n'a pas une mission ; c’est la mission de Dieu qui a une Eglise » La mission précède l’Eglise. L’Eglise  doit être missionnelle, avec une théologie missionnelle, une ecclésiologie missionnelle, une vie missionnelle qui influence ses choix, ses comportements, ses actions et ses réflexes.

 

Pour encourager les Eglises locales dans cette voie, l’auteur fait des suggestions pratiques et donne des exemples susceptibles de leur être utiles.  Il pose aussi le problème des multiples activités des Eglises et de la surcharge de leurs membres. Il ouvre en fait le débat sur ce que pourrait être une Eglise attirante, capables de définir des priorités et de mettre en place des pratiques adaptées au monde occidental actuel.    

 

J’ai finalement refermé le livre sans défaitisme ou perte de courage, mais avec l’envie de relever les défis. Je conseille donc à tous la lecture de ces conférences de Stuart MURRAY.

 

Il conclut d’ailleurs en nous  proposant d’avoir une vision large de ce que Dieu est en train de faire - en particulier dans les pays où l’Eglise est en plein essor-  et de ne jamais oublier de faire confiance à Dieu quant à l’avenir.

 

 

Brigitte Evrard

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