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Comment peut-on supporter la perte de trois enfants ?

Publié le : 2015-08-15 10:57:41
Catégories : Critiques de livres chrétiens Rss feed

Comment peut-on supporter la perte de trois enfants ?

Sophie Helmlinger

Une terrible épreuve

Ma traversée du deuil périnatal

Empreinte temps présent, 2014, 156 p., 13,20 €


Comment peut-on supporter la perte de trois enfants, morts à quelques semaines de leur naissance ? Des enfants attendus, aimés, qui avaient un nom et pour lesquels les parents avaient envisagé une vie heureuse, au sein de leur fratrie ?

Sophie Helmlinger a vécu trois fois ce drame. Déjà mère d’un petit garçon, elle a perdu ensuite successivement Rachel, Paul et Joseph. Dans son livre, sobrement intitulé « une terrible épreuve. Ma traversée du deuil périnatal », elle raconte au jour le jour ce qu’elle a vécu pendant ces années. Elle évoque ses crises de larmes, son désespoir. Et se pose la terrible et inévitable question : « Pourquoi cette épreuve ? »

« Fille du Distilbène », elle a vécu le drame de celles dont la mère avait pris ce médicament néfaste. Tous les traitements qu’elle a subis, les longues semaines de repos, allongée, rien n’a pu empêcher la naissance trop prématurée de trois bébés. Pourtant, ce sont ses enfants, elle se sent pleinement leur mère, comme son mari, le pasteur Helmlinger se sent leur père. L’un et l’autre sont « simplement » parents de Thomas, leur fils aîné, de Rachel, de Paul, de Joseph – et aussi de Pierre et de Julien, deux jumeaux qu’ils ont adoptés. Ils ont ainsi six enfants. « Je ne me sens pas triste, quand je mentionne ceux de mes enfants qui ne sont pas avec moi. Mon identité de père consiste à être le père de six enfants, tout simplement » (p.155).

Une terrible épreuve



« Terrible épreuve » dont elle et son mari auraient pu sortir anéantis. Mais, au-delà de la souffrance indicible – seul le silence est alors possible – Sophie Helmlinger s’est rapprochée de Dieu, a compris, peut-être, le sens de ce mystère de la vie et de la mort. Et elle s’est sentie plus forte.

En marge de sa formation de psychothérapeute, elle a fondé une association (Ndlr. Association L'Enfant sans nom) pour venir en aide aux couples qui ont traversé cette épreuve. Rencontres, conférences, échanges, tout concourt à réconforter et à parler de vie. Ce travail, dit-elle, la « rapproche de Dieu ». Elle y apporte sa foi, son courage, son amour de la vie.


«Je ressens une grande joie et une intense satisfaction du beau travail bien accompli, le sentiment d’avoir été bien à ma place en œuvrant comme cheville ouvrière dans ce projet. Je ne sais toujours pas pourquoi j’ai vécu ces souffrances, mais je sais où elles m’ont amenée aujourd’hui. C’est comme si toutes mes larmes, tout ce chagrin, toutes mes colères accumulées trouvaient aujourd’hui leur résolution dans ce bouquet partagé. Aujourd’hui même, en étant de celles qui ont offert cette journée de mémoire à nos consœurs de malheur, j’ai récolté le fruit de mes graines tombées en terre au service de mes prochains. S’il est une chose que j’ai envie que l’on retienne de mon passage sur cette terre, c’est cela. Et que je suis sortie du chagrin». (p.150)


Telle est la phrase finale de ce témoignage émouvant, si sincère qu’il émeut profondément le lecteur. Mais c’est une extraordinaire leçon d’espérance, de foi, de vie. C’est aussi la rencontre avec une femme exceptionnelle, qui a su surmonter sa souffrance en aidant ceux qui vivent le drame qui reste le sien.

Par Paule Baltzinger

Pour LibreSens - CPED (Fédération Protestante de France)

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